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Lieu : Paris

oui, qui suis-je, où vais-je, dans quel état j'erre ?

jeudi, septembre 14, 2006

l'esquive

Je pensais parler aujourd'hui des propositions de réforme de la carte scolaire, mais je me sens calme et j'ai envie de le rester avant d'aller dormir.
Aussi, je vais dire un mot ou deux sur un très bon film que je n'avais (honte à moi) pas encore vu et qui m'a ravi hiers soir.
Il s'agit de l'esquive (toute ressemblance avec le premier sujet esquivé est évidemment fortuite).
Je dois dire que j'avais quelques a priori négatifs à propos de ce film.
Je me disais : voilà encore un film gnangnan plein de bon sentiments où des pseudos sauvageons découvrent grâce au théatre qu'ils s'aiment et qu'il peuvent s'exprimmer autrement que par "ziva".
J'ai finalement trouvé le ton de ce film très juste. Je ne débattrais pas sur la question "y-a-t-il une culture de banlieu ?", mais la sincérité de ce film traduit le quotidien de jeunes sans tomber dans le jugement moralisateur de leurs pratiques en comparaison à une culture dominante légitime qui serait le théatre.
J'ai trouvé les personnages touchant et convaincant et la fin esquive les écueils que je craignais.
Bref, un très bon film qui a pour moi une valeur sociologique.

6 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je suis heureuse de partager avec vous cet enthousiasme pour le film l'esquive. J'ajouterais à votre éclairé commentaire, la qualité du regard sur ces jeunes. En effet, Le cinéaste nous montre bien toute la pression sociale qui s'exerce sur eux dans le quartier et qui les empêche de vivre des expériences hors des normes imposées par celui-ci. On voit bien toute la difficulté à exprimer ses sentiments et même à accepter d'en éprouver. La scène de la voiture est particulièrement remarquable. On est sidéré par le manque de tact des garçons, on est affligé pour le jeune homme qui n'est pas capable d'envoyer ballader son pote et de régler ses problèmes de coeur tout seul. La pression sociale, l'intériorisation des normes ne fait pas défaut à ces jeunes , bien au contraire! C'est peut être bien leur excès de conformisme qui est à mettre en cause.
Celui qui ne fait pas de folies n'est pas aussi sage qu'il le croit! Montesquieu

10:27 AM  
Blogger amontillapoe said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

11:38 AM  
Blogger amontillapoe said...

Merci Capris pour ta contribution très juste.
Je pense qu'il y a effectivement là une matière riche pour réfléchir sur les notions de contrôle sociale, de régulation sociale, de normes et de déviance. C'est également un film très utile pour les notions d'intégration et de culture
C'est en effet interessant de voir comment le quartier produit et impose des normes propres aux jeunes sans casser complètement avec une certaine solidarité intergénérationnelle. On peut d'ailleurs s'interoger le point jusqu'où cette dernière est encore productrice d'identité. On voit très peu des parents dépassés mais non absents, et la présence des grands parents est significatives par leur discrétion.
La question est alors : Cet écart générationnel est il propre au quartier ? Quel est le sens de la forme qu'il prend dans le quartier
Je voudrais aussi juste attirer l'attention sur un élément qui traduit peut-être le degré d'importance des valeurs et des propos des jeunes. Il s'agit de ce qu'ils invoquent quand il jure. Je lance juste ici une idée pas très approfondie, mais il me semble que les jeunes jurent sur le coran, la tête de oim (moi), la vie de ma mère etc dans des occasions différentes.
Enfin, pour conclure sur l'esquive. On peut vraiement dire que c'est un film qui donne à réfléchir sur la construction de l'identité des jeunes dans sa dimension la plus multiple.

11:44 AM  
Anonymous Anonyme said...

Cher Amontillapoe, votre talent et la qualité de vos propos suscitent des vocations! La jeune lectrice que je suis suit les traces du génial blogger que vous êtes et se lance à son tour dans l'aventure. Aussi n'est-ce pas sans émotion et sans lutter contre ma légendaire pudeur que je vous communique l'adresse où vous pourrez lire mes libelles et humeurs très prochainement. Soyez indulgent je vous prie, vous le savez je n'ai pas votre grâce pour compter chronique!
Pro amicalement votre
Capris

12:03 PM  
Anonymous Anonyme said...

La précipitation et l'émotion m'ont fait omettre de vous communiquer l'adresse de mon déblog
prisina.blogspot.com

12:06 PM  
Blogger amontillapoe said...

alors je vais voir cela de ce pas.

1:15 PM  

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